Kosova ou Kosovo?

Comment les médias traitent la question du Kosovo. Les choses qu'on ne vous dit pas...

16 mars 2008

Vidéo exclusive Kosovo

Il y a bientôt un an, le Kosovo recevait la visite de George W. Bush. Celui-ci défendait la création d'un Etat autonome et devenait le héros de la majorité albanaise. Des affiches à son effigie recouvraient les murs de la Capitale sans fleuve, Pristina. Les drapeaux avec l'aigle bicéphale flottaient un peu partout dans la ville.

Pristina, est le premier volet de notre trilogie sur le Kosovo.
Caméra au poing, nous sommes partis dans une ville en pleine expansion, désorientée par un m
anque flagrant d’organisation administrative. Un bruyant bordel balkanique.
Des raccordements électriques et téléphoniques anarchiques, des immeubles désertés par la communauté serbe, des rues défoncée par les chars de combats, des maisons à moitié finies et déjà occupées, nous avons pu voir tous les stigmates d’une ville d’après guerre.
Pristina est une ville dynamique, plus de la moitié de ses habitants ont moins de 25 ans, la religion dominante est l’islam, mais elle est pratiquée modérément et par les plus vieux en général. Les jeunes albanaises ressemblent aux étudiantes de l’ouest, habitée par le désir de s’en sortir et de réussir, ailleurs pourquoi pas.

Très peu de reportages s’intéressent à la vie au Kosovo en dehors des périodes d’affrontement, c’est peu être ici que réside le problème. Finalement, personne ne connaît les enjeux, le grand public reste inconscient et se permet de juger le résultat avec un œil très lointain mais impitoyable.
Nous vous invitons à partager cette tranche de vie, à Pristina, le cœur du Kosovo albanais.
Bientôt nous mettrons en ligne notre prochain épisode, une visite de Mitrovica, la ville divisée par l’Ibar. La rive nord est Serbe et la rive sud est Albanaise, deux mondes totalement différents cohabitent avec plus ou moins de tensions.


Pristina Kosovo
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15 mars 2008

Kosovo, les Serbes musulmans « réalistes »

Les élus locaux de la région serbe de Sandzak (ndlr : à majorité musulmane), suivront sans aucun doute l’opinion des leaders nationaux concernant le refus de la reconnaissance du Kosovo, mais les électeurs ont, semble-t-il, déjà accepté cette nouvelle réalité. Nombre d’entre eux ne sont pas surpris par cette déclaration d’indépendance puisque, selon eux, il s’agissait simplement d’une question de temps pour que ce qui était de facto, devienne officiel.
« Nous avons eu des postes frontières avec le Kosovo pendant des années, et les pièces d’identité étaient régulièrement contrôlées, maintenant tout le monde semble surpris que l’indépendance officielle du pays ait été déclarée », a annoncé un bosniaque de Novi Pazar, qui préfère rester anonyme. « Soudain, certaines personnes sont offensés par ces postes frontières et ils les brûlent, ce qui est ridicule. »

"Comme tous les citoyens de Serbie"eglise_serbe

Sulejman Ugljanin, le leader de la liste pour la coalition à Sandzak, qui est actuellement au pouvoir à Novi Pazar, Sjenica et Tutin, est un proche de la « coalition » entre le premier ministre Vojislav Kostunica et Velimir Ilic, ministre de l’infrastructure. Ugljanin a récemment déclaré aux médias qu’il soutenait la politique menée par les dirigeants du pays tout considérant avec respect le problème du Kosovo.
« Je dirais que les organes de l’Etat conduisent une politique sage et responsable en ce qui concerne le Kosovo », a-t-il annoncé.

Rasim Ljakic, leader du Parti Démocrate de l’opposition, proche du président Tadic, a lui aussi condamné la déclaration d’indépendance du Kosovo. Il a récemment visité la partie nord de Mitrovica, à majorité Serbe.
« Nous voulons que le peuple du Kosovo exerce tous les droits dont il a pu jouir jusqu’ici, comme tous les citoyens de Serbie. » a déclaré Ljajic qui est également ministre du travail et des affaires sociales.

Un politicien, préférant rester anonyme, a déclaré à Balkan Insight, qu’il n’était pas facile de faire de la politique aujourd’hui dans la région. Les élus locaux balancent entre le gouvernement et la volonté de leurs électeurs.
« D’un côté nous devons respecter les voix de nos sympathisant, de l’autre, nous devons respecter la position du gouvernement sur ce problème » a-t-il ajouté.

"Les gens agissent stupidemment face à la diversité"

ZIbija Sarenkapic, coordinatrice du Centre Culturel de Damad, a condamné ce qu’elle décrit comme la réplique des Serbes de Bosnie, « ils ont montré à leur manière que le pouvoir qu’ils avaient été plus important que leurs électeurs. » Elle a dit que les Bosniaques n’étaient ne soutenaient pas spécialement l’indépendance du Kosovo mais ils l’ont accepté comme une réalité, alors que les politiciens locaux essayaient de gagner des voix grâce à ce sujet.
« Depuis la déclaration d’indépendance du Kosovo, les bus avec une plaque minéralogique de Novi Pazar se sont fait attaqués à plusieurs reprises à Belgrade, Kraljevo et Kragujevac, mais ne le dit dans les médias. » a-t-elle déclaré. « Comme si tout le monde était habitué à recevoir le retour de bâton, et je me réfère au Kosovo mais aussi à la Bosnie et au Monténégro. »

Sead Biberovic, coordinateur pour une ONG appelée Urban In, partage également ce point de vue. Il insiste sur le fait que les Bosniaques savaient avaient envisagé la cession du Kosovo, déjà en 1999, à cause de la politique de Milosevic, et qu’à présent les politiciens serbes ne faisaient qu’inciter les citoyens à se rebeller.
« Les gens ordinaires sont effectivement incités à agir stupidement face à la diversité, que se soit par rapport aux noms et prénoms qui sonnent différemment ou aux plaques minéralogiques des régions peuplées de minorités. » a-t-il déclaré. « Apparemment, quelques personnes en Serbie ne savent pas que Novi Pazar n’est pas au Kosovo, ils le voient juste comme quelque chose de différent, comme un alien. »

-- Reportage original Amela Bajrovic

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22 février 2008

Kosovo - « Chaque nation a sont mythe »

Hier soir une foule de 200 à 300 000 personnes s’était réunie dans les rues de Belgrade pour manifester contre l’indépendance du Kosovo. Plusieurs personnalités serbes étaient appelées à la tribune pour s’exprimer devant la foule qui scandait « Kosovo je Srbija », le Kosovo est Serbe. Ce rassemblement qui a dégénéré plus tard dans la soirée, avec l’incendie de l’ambassade américaine, se voulait pacifiste, et même si Boris Tadic était en déplacement en Roumanie (un des rares pays européen contre l’indépendance), tous les leaders Serbes étaient présents.

Des discours transcendants
Vojislav Kostunica, premier ministre était le premier à prendre la parole. « Aussi longtemps que nous vivrons, le Kosovo sera la Serbie et nos frères ne seront pas seuls et oubliés. » déclare-t-il sur un ton enflammé. Avant d’ajouter devant une foule vibrante, « Le Kosovo appartient à la nation serbe. C’est comme cela depuis la nuit des temps. Ils disent à nos frères du Kosovo qu’ils ont, sans être partis de leurs maisons, sans avoir quitté leur terre, changé de pays. Ils nous disent : “Nous sommes séparés.” Nous ne le sommes pas et ne le serons jamais. ».

Novak Djokovic était également convié à s’exprimer, le joueur de tennis, n°3 mondial est l’idole de tout un peuple. C’est un message enregistré qui est diffusé sur la scène. « Moi et ma famille sommes avec la Serbie dans ces temps difficiles » annonce-t-il un peu timidement, sûrement dépassé par l’ampleur des évènements. Enfin, l’un des orateurs les plus attendus était sans aucun doute Emir Kusturica, lauréat de la palme d’or du festival de Cannes à deux reprises. Dans un discours passionné il défend le droit de la Serbie à disposer de son territoire et conclut par ces mots, « chaque nation a son mythe », en référence au mythe fondateur du XIVème siècle, et vivement critiqué par les pays favorables à l’indépendance du Kosovo.

Vidéo des discours de Dejan Bodiroga, ancienne gloire du basket yougoslave, Novak Djokovic et Emir Kusturica :


Posté par Leahcim à 18:59 - Reportage - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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