08 mars 2008
Fried : "le Kosovo a prouvé sa maturité"
Selon l’assistant du Secrétaire américain aux affaires Européenne, Daniel Fried, le Kosovo a montré une grande maturité dans la façon dont il a géré la situation qui a suivi la déclaration d’indépendance.
Reniant toute idée de partition du Kosovo (ndlr : que va devenir l’enclave serbe de Mitrovica ?), il a déclaré à la presse « c’est un plaisir et un honneur d’être dans le pays le plus jeune d’Europe ; dans la démocratie la plus récente d’Europe, au Kosovo ».
A propos des évènements qui se sont produits dans le nord du Kosovo (Mitrovica), Fried a déclaré que « plus de la moitié des Serbes qui habitent au Kosovo vivent au sud de la rivière Ibar et non pas au nord », avant d’ajouter « nous ne croyons pas qu’une partition de l’Etat serait une bonne chose ».
« Il y a eu de nombreuses provocations dans le nord, comme on s’y attendait » a-t-il continué, « mais les leaders du Kosovo ont répondu avec maturité qui conforte les Etats-Unis dans leur décision de reconnaître l’indépendance. »
« Le Kosovo est indépendant, c’est un fait, l’Histoire doit avancer maintenant. » a-t-il déclaré par la suite.
De son côté, le président Kosovare, Fatmir Sejdiu a exprimé son vœu de voir « la période de transition se dérouler sans heurts. »
Diaporama Belgrade
Notre envoyé spécial à Belgrade, nous a rapporté quelques images des manifestations et de l'état de la ville après les émeutes qui ont marqué la fin de la marche pacifiste.
Pour voir le diaporama : cliquez ici
04 mars 2008
Aimons la France comme elle nous a aimé en … 2008
02 mars 2008
Pas de Kosovo, pas d'UE
Le premier ministre, Vojislav Kostunica, a déclaré, samedi 1er mars, que la Serbie ne rejoindrait pas l’Union Européenne sans l’intégralité de son territoire. "Nous ne devons pas être divisés sur le problème de l'adhésion à l'UE. Or, il est meilleur et nécessaire d'être unifié pour dire à l'UE que ‘seule une Serbie avec le Kosovo comme province peut devenir membre de l'UE’" a indiqué M. Kostunica. Il a rappelé que la Serbie avec le Kosovo fait partie de l’ONU alors que le Kosovo n’est pas un Etat légal.
Il s’appuie sur un sondage qui montre que près de 75% des serbes ne sont pas prêts à échanger le Kosovo contre une adhésion à l’UE. L’enquête, était menée auprès de 1300 personnes par l’agence serbe Politikum.
Le sondage indique également que la majeure partie des Serbes soutiennent la politique du gouvernement face à l’indépendance du Kosovo, alors que 33% se prononçaient pour des représailles envers le Kosovo.
28 février 2008
Texas indépendant
Sous ce titre volontairement polémique se cache toute l’hypocrisie de la communauté internationale. Il révèle l’affront porté à l’Etat serbe. Et si, bien sûr, les indépendantistes texans ne sont qu’une minorité, qui sait si dans 20 ans l’alliance des pays d’Amérique latine ne forcera pas les Etats-Unis à reconnaître l’indépendance d’une partie de leur territoire ? Impossible me direz-vous, et pourtant.
Le parallèle entre l’histoire du Kosovo et celle du Texas est frappante. D’abord colonisé par les espagnols en 1528, il fut rattaché au Mexique indépendant en 1821. Des américains commencèrent à s’installer dans la région, devenant, au fur et à mesure plus nombreux que les hispaniques. Des tensions ethniques éclatèrent, les Mexicains défavorables à l’esclavage protestèrent, poussant les américains à proclamer leur indépendance, le 21 avril 1836. Le Texas qui avait du mal à gérer ses frontières devint un Etat des Etats-Unis en 1845.
Aujourd’hui, l’Etat compte près de 23,5 millions d’habitants. Près d’un tiers de ces habitants est hispanophone, le recensement des ancêtres des texans révèle que 25% de la population, soit le plus large groupe, est d’origine Mexicaine. Ces statistiques gonflent évidement en se rapprochant de l’ouest de l’Etat et de la frontière mexicaine, un territoire qui fut le lieu d’affrontements entre le Mexique et le Texas avant l’indépendance.
Maintenant, un raccourci de la pensée consisterait à remplacer Texas par Kosovo, Mexique par Albanie et Etats-Unis par Serbie.
Bien sûr il n’est pas bon pour un problème aussi délicat, d’utiliser des raccourcis, mais cela a le mérite de titiller nos esprit et de comprendre pourquoi les Serbes ne reconnaîtront jamais le Kosovo, pourquoi les Etats-Unis veulent construire un mur de plusieurs milliers de kilomètres de long ou encore pourquoi on ne peut pas violer la souveraineté d’un Etat. Car si les albanais sont bien majoritaire au Kosovo, ils sont minoritaires en Serbie et là je suis bien sûr que l’on trouvera des régions dans le monde qui, découpée selon un voisinage ethnique, comporteront une majorité de cette même ethnie.
Ce n’est pas pareil me répondrons les détracteurs et pourtant si la boite de pandore s’ouvre, il est certain que d’autres régions seront touchées et si dieu protège les Etats-Unis, ce ne sera peut-être pas suffisant pour empêcher les hispaniques de vouloir le pétrole pour eux seuls…et en plus ils auront une excuse en béton, le Kosovo.
Kosovo - Nouvel album photo
Voici un deuxième album. Photos prises en mai 2007 entre Pristina et Mitrovica, la ville séparée ethniquement par la rivière Ibar.
Pour consulter l'album : c'est ici
Kosovo - Bientôt un Ministère des Affaires Etrangères
Selon un représentant officiel du gouvernement kosovare, la province aura un Ministère des affaires étrangères dans les 4 prochains mois.
Le député Hajredin Kuci a déclaré à RTK que le gouvernement fera tout le nécessaire pour préparer le Ministère à être opérationnel en temps voulu.
« Avant la fin de la période de transition, le Kosovo aura son ministère » a dit Kuci.
Kuci n’a pas pu dire qui serait sélectionné pour diriger ce ministère.
Le Ministère des affaires étrangères et le Ministère de la défense sont deux nouveautés que le gouvernement du Kosovo doit mettre en place après la déclaration d’indépendance.
Le PDK, Parti Democratique du Kosovo, parti de la majorité Thaci, a annoncé qu’il prendrait la tête de l’un des deux ministères, l’autre reviendra à son partenaire de la coalition, la LDK, ligue Démocratique du Kosovo.
Kosovo - "La sécurité est sous contrôle"
La sécurité qui règne au Kosovo en fait une des régions les plus stables de la région, affirmait mercredi Hashim Thaci, premier ministre de la province.
« Je peux conclure que les frontières du Kosovo sont les plus sûres de la région » déclarait-il à une assemblée de dirigeants. Et même s’il n’écartait pas la possibilité de nouveaux actes de violence, il insistait sur le fait que « le Kosovo sera capable de dépasser cela ».
Ses déclarations tombent alors que les Serbes du Kosovo continuent de défier la déclaration d’indépendance du 17 février. Des manifestations d’étudiants ont lieu tous les jours dans la partie nord de Mitrovica, la ville symbole du conflit, divisée ethniquement.
Mercredi, Thaci a également demandé à son cabinet de commencer immédiatement les préparatifs à l’entrée à différentes organisations mondiales, telles que le FMI ou la Banque Mondiale, de façon à ce que le Kosovo puisse avoir accès à des prêts ou des fonds de soutien.
25 février 2008
Russie et Serbie renient l’administration albanaise du Kosovo
Le Premier ministre serbe, Vojislav Kostunica a déclaré ce matin que la Serbie « tente de maintenir l’ordre dans les parties du Kosovo où les citoyens loyaux considèrent toujours Belgrade comme leur capitale ». Il peut également compté sur le soutien renouvelé de la Russie, qui, par l’intermédiaire du prochain probable président,
Dimitri Medvedev soutient la souveraineté Serbe, en dépit de l’avis des forces de l’ouest.
« La Serbie fera tout pour conserver sa juridiction pour tous les citoyens loyaux du Kosovo, les Serbes et les non Albanais », a poursuivit Kostunica. Avant de durcir le ton, « Il n’y aura de relations normales avec les Etats qui ont reconnu le Kosovo indépendant, à moins qu’ils n’annulent leur décision. »
Après avoir assurer qu’il n’y aurait pas de changement dans la ligne directrice de Moscou après les élections présidentielles la semaine prochaine, Medvedev a déclaré « la Serbie est un Etat uni dont la juridiction couvre l’ensemble de son territoire, nous nous en tiendrons à cette position. »
L'Europe peut-elle se passer de la Serbie
En humiliant la Serbie sur le plan diplomatique international, l’Europe se prive-t-elle d’une clé pour assumer la paix dans les Balkans, qui depuis 1914, met à mal la stabilité du vieux continent ?
En votant pour Boris Tadic, les Serbes avaient envoyé un message fort à l’Union Européenne, « nous voulons vous rejoindre ». Le pays empêtré dans une situation économique moribonde depuis la fin du conflit en 1999, souhaite s’ouvrir et permettre à sa jeunesse de se former dans d’autres pays et construire ainsi les élites de demain. Une ouverture sur l’Europe faciliterait également le commerce extérieure de la Serbie, une stimulation qui serait à même de relancer l’économie du pays.
Mais depuis une semaine, beaucoup de choses ont changé, et si les serbes se prononcent encore à 70% pour une participation élargie avec l’Union Européenne, la question du Kosovo pourrait changer la donne.
Les Russes, alliés inconditionnels de Serbes, pourraient être en mesure de proposer une alternative à l’adhésion de la Serbie à l’Union Européenne. Si le Kremlin était resté jusqu’alors discret sur un éventuel soutien financier au Kosovo, il développe aujourd’hui une politique économique sur un axe Moscou-Belgrade.
La nouvelle ligne gazière en est le parfait exemple. Le gazoduc qui traversera l’Ukraine, la Roumanie, la Bulgarie et la Serbie, pourrait permettre à cette dernière de jouir d’une manne financière conséquente. Les Serbes se retrouveraient alors en position de force pour négocier l’approvisionnement en gaz dans le sud de l’Europe. Ce contrat qui sert les intérêts des deux pays est un premier camouflet pour l’Europe. Rappelons qu’en Décembre dernier Kostunica, le premier ministre serbe avait déclaré que la Serbie refuserait de céder au chantage et n’échangerait pas le Kosovo contre l’adhésion à l’Union Européenne.
Alors la Serbie a-t-elle réellement besoin de l’Europe ? Et inversement, l’Europe peut-elle se passer de la Serbie ?
Géographiquement et historiquement les deux sont liés. La politique européenne qui vise à unifier tous les Etats d’Europe pour créer une fédération, ne peut ignorer la Serbie. Alors si l’Europe se prononce favorablement pour une sécession du Kosovo, on peut imaginer qu’elle va proposer un plan avantageux aux Serbes. Une aide financière, une adhésion à l’espace de schengen…
Dans le cas contraire, il semblerait que les Russes aient davantage les faveurs d’un peuple qui en a sans doute marre de se faire marcher dessus sans pouvoir s’exprimer. Les instances dirigeantes de l’OTAN et de l’UE prennent des décisions en pensant savoir ce qui est bon pour la Serbie. A la différence, la Russie fait ce qui est bon pour la Serbie.
Alors sous peine de retomber dans un conflit inextricable, nos dirigeants seraient bien aviser de réfléchir longuement et avec discernement à la question. L’appel est lancé.


